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Anareuz Issmail 3aydi 3aydi a wada illan goli

 la musique amazighe engagée dans le Sud-Est

1- La musique engagée du Sud-Est constitue une « chanson nouvelle », une réalité relativement récente dans le panorama musical amazigh marocain. Jusqu’aux années 90, ce genre de produit n’existait pas. Il reste pour l’instant confiné à une dimension régionale, exception faite des réseaux militants. Le Sud-Est auquel nous faisons ici référence n’existe pas d’un point de vue administratif. Partagé entre plusieurs provinces réunies dans quatre régions différentes, il désigne pourtant un espace géographiquement homogène, qui part du Haut Atlas oriental et s’étend jusqu’au désert de la frontière algérienne. Historiquement peuplé par des confédérations tribales berbérophones, ses habitants partagent une continuité linguistique et coutumière, en plus d’un passé commun de résistance au colonisateur français. Malgré cela, la tendance à l’(auto)identification régionale et l’attachement au principe de l’unité territoriale – avec le rejet du découpage actuel qui en découle – relèvent d’une prise de conscience identitaire assez « jeune » à laquelle a contribué la floraison musicale que nous allons explorer.

2-« Il s’agit d’une chanson nouvelle, parce que avant, le Sud-Est, contrairement à d’autres régions berbères, n’avait pas un vrai style musical auquel l’associer. Bien que notre héritage soit riche de chants et danses collectives, de rythmes et sonorités différentes, les gens ont toujours écouté la musique du Souss ou du Moyen Atlas. Ce dernier surtout reste un milieu prolifique en termes de chanteurs, mais malheureusement ils n’ont rien donné à la cause amazighe, et ils se trouvent relégués au rang de folklore. Mon intention était de rompre avec ce modèle et de restituer sa dignité à la création dans ses dimensions poétique et politique. »

3-Ces propos sont issus d’un long entretien mené avec Moha Mallal, poète et chanteur du groupe homonyme, natif du petit village de Tamalte (vallée du Dadès) et aujourd’hui professeur d’arts plastiques à l’université de Ouarzazate. Artiste polyvalent (il est aussi peintre et caricaturiste), Mallal peut être considéré comme l’initiateur de cette « nouvelle scène ».

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